Au secours, ma Muse est partie !

Publié le par Clara Le Corre

Au secours, ma Muse est partie !

Comment ça "partie" ? Cela voulait-il dire qu'elle était donc bien présente avant cela ?

T'est-il arrivé de te retrouver face à la page blanche ? La gorge serrée, les doigts immobiles au-dessus du clavier (ou tenant un stylo) ? Comme si tu n’avais plus rien à dire. Alors qu’au fond, tu sens que c’est tout l’inverse. Seulement, tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tes phrases n’ont aucune forme, tout sonne si faux, si creux.

Alors vient ce mythe, cette muse. T’a-t-elle abandonné là pour aller nourrir l’esprit d’un autre ? Odieuse trahison !

Mais au juste, une muse, c’est quoi ?

Qu’importe la forme, en tant qu’artiste, ta muse, c’est ta source. Ton eau, ton or. La définition que j’affectionne serait : « elles servent d’intermédiaires entre les dieux et les artistes ».

Notre inspiration serait donc un lien vers le divin ? En latin, « inspiration » vient du latin « in spiritum » qui signifie « avoir Dieu en soi ». Si la définition peut nous laisser sceptique, l’image est toutefois efficiente.

L’inspiration (inspirer) est donc un état, peut-on dire. Et comme tous états, il ne reste pas indéfiniment. En son sens, il est plus flexueux que les autres et plutôt imprévisible.

Longtemps, j’ai écrit sous son caprice. Longtemps ? Presque toute ma vie, que dis-je ! Et lorsque je me retourne et que je constate l’amas de travail, d’histoires, de fanfictions, de terminés, et bien, le résultat me déçoit.

Le mythe de l’inspiration, c’est de croire que ce qu’elle nous souffle est notre seul moteur. Le moteur le plus important pour tout apprentis écrivain (et écrivain confirmé) est avant tout une dévotion sans limite à l’écriture. Tous les jours. Le plus souvent possible sinon. Même quand madame la muse boude, on s’installe à son bureau, on ouvre « Word » avec une main et dans l’autre on tient sa tasse de thé (ou de café, moi j’en bois pas), et on écrit ! On s’y met. Ce sera peut-être naze, mais on essaie, on se donne de la peine, on y réfléchit une fois, deux fois et là, les mots surgissent plus facilement. Comme l’appétit vient en mangeant.

Mon train de vie me laisse de moins en moins de place pour l’errance et le vagabondage du poète en quête d’inspiration. Aujourd’hui si je ne me donne pas de coups de pied aux fesses pour me mettre au travail, mon efficacité diminue – CHUTE ! – de manière exponentielle (je déteste ce mot). Plus les responsabilités s’accumulent, et plus tout est millimétré, si bien qu’il serait utopique de se laisser aller aux va-et-vient incertains d’une dame Muse.

Il serait dangereux de se laisser bercer par l’illusion de cet état d’âme qui semble nous murmurer que tout est « mieux » quand il est là. Plus facile ? Peut-être. Mieux ? Pas sûr. J’en suis venue à penser que l’inspiration est une combinaison entre le temps que l’on a à disposition et un état de l’âme. Temps + état d’âme = propice à l’inspiration.

Selon les écrits hippocratiques, il y aurait (y aurait eu) quatre humeurs de l’âme : Sanguin, flegmatique, mélancolique et colérique. Si tu veux en savoir plus à ce sujet, tape « théorie des humeurs ».

Pour ma part, madame la Muse, je ne vous attends plus pour me mettre à l’ouvrage. Cordialement. C

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Christian Perrot 04/02/2015 18:55

Bonjour,
Un sujet intéressant. Pour ma part, afin de combattre la page blanche tout en évoquant le principe de la muse "perdue", j'en ai écrit un texte en lecture libre dans la publication suivante (page 262):
http://sd-5.archive-host.com/membres/up/1e6996171eefe8fadd6254fa03dcbdfecbd74a97/webzine_nouveau_monde_1.pdf
Littérairement vôtre.